"Plutot Hitler que le front populaire"
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LA FORMATION D'UN NOUVEL ARC NÉOFASCISTE :
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On comprend alors le point de jonction avec les traditions autoritaires. Là où les fascismes historiques désignaient des ennemis raciaux ou idéologiques, certaines formes contemporaines d’autoritarisme désignent un ennemi politique intérieur : celles et ceux qui contestent l’ordre capitaliste et productiviste. Le langage change, mais la structure reste : un “nous” menacé par un “eux” subversif.
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Dans ce climat, les mots se durcissent. Les mobilisations sociales sont décrites comme des entreprises de déstabilisation. Les actions écologistes deviennent du “terrorisme”. Les grèves sont accusées de “prendre en otage” la population. Les quartiers populaires sont surveillés comme des territoires hostiles. Le pouvoir se présente comme un rempart contre le chaos qu’il contribue lui-même à fabriquer.
Ce qui se dessine, c’est un arc politique qui dépasse les frontières partisanes traditionnelles. Des segments de la droite conservatrice, de l’extrême droite identitaire et d’un libéralisme autoritaire se retrouvent sur l’essentiel : ultralibéralisme, priorité à l’ordre, obsession sécuritaire, défense inconditionnelle du marché, dénonciation des contre-pouvoirs. Les désaccords existent, bien sûr, mais ils deviennent secondaires face à un objectif commun : neutraliser toute alternative sociale et écologique.
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Il prospère aussi sur les ruines laissées par des décennies de politiques antisociales. Précarisation du travail. Démantèlement des services publics. Abandon des territoires. Lorsque la démocratie ne répond plus aux besoins fondamentaux, l’autoritarisme se présente comme une solution efficace. Moins de débats, plus d’autorité ; moins de droits, plus de sécurité ; moins de contestation, plus de discipline. Dans cette configuration, la gauche n’est pas seulement un adversaire électoral. Elle devient une menace existentielle. Non parce qu’elle serait violente, mais parce qu’elle propose d’autres règles du jeu. Parce qu’elle remet en cause la toute-puissance du marché. Parce qu’elle parle de redistribution, de planification écologique, de solidarité. Autant d’idées perçues comme des attaques contre un ordre considéré comme naturel et indiscutable.
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La formation d’un arc néofasciste ne signifie pas que le processus est irréversible. Elle signifie que des lignes se durcissent. Que des alliances implicites se nouent. Que l’espace démocratique se rétrécit. Face à cela, la réponse ne peut pas être la résignation ni la simple dénonciation morale. Elle suppose de reconstruire des solidarités concrètes, de défendre les libertés publiques, de lier la question sociale à la question démocratique. Il s’agit de savoir si la démocratie peut survivre lorsque toute contestation est assimilée à une menace. Si le pluralisme peut exister quand l’ennemi est partout désigné à l’intérieur. Si l’on accepte que l’ordre prime toujours sur la justice. L’histoire n’est jamais écrite d’avance. Mais elle nous apprend une chose : lorsque les pouvoirs économiques et politiques s’unissent pour neutraliser les forces d’émancipation, c’est toujours au nom de l'ordre et la stabilité. Et c’est toujours au détriment de celles et ceux qui luttent pour plus d’égalité...