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"Plutot Hitler que le front populaire"

Publié le par frico-racing

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LA FORMATION D'UN NOUVEL ARC NÉOFASCISTE :

Nous assistons à une nouvelle formation (coalition) politique ; celle d’un arc néofasciste...
Quelque chose à bouger sous nos yeux depuis ces dernières semaines... La campagne politique anti LFI "débutée" avec "l’affaire Quatennens" (pendant des semaines), puis sur des accusations "d’antisémitismes" infondées liée à la dénonciation du génocide perpétré par Israël, a pris une nouvelle tournure depuis la mort à Lyon d'un militant néofasciste !... Qualifiée "d’extrême gauche" et reprenant la rhétorique pétainiste, la Fi est diabolisée et traité de parti "anti-France" !...
Une recomposition qui va de toutes les droites à la fausse gauche et, qui ne dit pas vraiment son nom, mais dont les lignes de force sont maintenant très visibles. Ce n’est pas un retour pur et simple aux années 1930. Ni une copie conforme des fascismes historiques. C’est autre chose ! Une hybridation. Une convergence. Un arc... Pendant longtemps, et à juste titre, l’extrême droite, (le FN/RN) était désignée comme le danger principal. Elle incarnait la menace contre les libertés publiques, contre les minorités, contre l’État de droit. Aujourd’hui, un basculement s'est opéré : l’ennemi numéro un serait désormais la gauche et plus particulièrement, ses composantes dites "radicale", LFI. 
Mais pas seulement, car au delà, c'est  toute contestation sociale est visée. Les GJ, les écologistes qui bloquent des projets destructeurs. Les syndicalistes qui s’opposent aux réformes antisociales. Les collectifs antiracistes. Les féministes. Les militants des quartiers populaires. Tous renvoyés au chaos, à la subversion, au désordre. Ce déplacement redéfinit le centre de gravité du débat public. Il ne s’agit plus de défendre la démocratie contre l’autoritarisme, mais de défendre “l’ordre” contre celles et ceux qui le contestent. L’ordre économique. L’ordre social. L’ordre national. L'ordre ultralibéral !... Toute critique radicale est assimilée à une menace. Cette logique s’enracine dans une longue histoire. Le néolibéralisme, trop souvent présenté comme une simple doctrine économique, est aussi une vision politique du monde. Il repose sur une conviction centrale : le marché doit être protégé contre la démocratie si celle-ci prétend le contraindre. Lorsque la volonté populaire cherche à réguler, redistribuer, planifier, elle devient un problème. Et s’il faut pour cela renforcer l’autorité, restreindre les libertés, criminaliser les mouvements sociaux, alors ces mesures sont présentées comme des nécessités.

On comprend alors le point de jonction avec les traditions autoritaires. Là où les fascismes historiques désignaient des ennemis raciaux ou idéologiques, certaines formes contemporaines d’autoritarisme désignent un ennemi politique intérieur : celles et ceux qui contestent l’ordre capitaliste et productiviste. Le langage change, mais la structure reste : un “nous” menacé par un “eux” subversif.

Dans ce climat, les mots se durcissent. Les mobilisations sociales sont décrites comme des entreprises de déstabilisation. Les actions écologistes deviennent du “terrorisme”. Les grèves sont accusées de “prendre en otage” la population. Les quartiers populaires sont surveillés comme des territoires hostiles. Le pouvoir se présente comme un rempart contre le chaos qu’il contribue lui-même à fabriquer.
Ce qui se dessine, c’est un arc politique qui dépasse les frontières partisanes traditionnelles. Des segments de la droite conservatrice, de l’extrême droite identitaire et d’un libéralisme autoritaire se retrouvent sur l’essentiel : ultralibéralisme, priorité à l’ordre, obsession sécuritaire, défense inconditionnelle du marché, dénonciation des contre-pouvoirs. Les désaccords existent, bien sûr, mais ils deviennent secondaires face à un objectif commun : neutraliser toute alternative sociale et écologique.

Le terme “néofasciste” dérange, et il doit être manié avec rigueur. Il ne s’agit pas de crier au fascisme à chaque dérive. Mais il serait tout aussi dangereux de refuser de voir les continuités. Le néofascisme contemporain ne passe pas forcément par des milices en chemises brunes ou par des coups d’État spectaculaires. Il avance par normalisation. Par banalisation. Par glissements successifs. Il s’installe dans les lois d’exception, dans la surveillance de masse, dans l’affaiblissement des droits sociaux, dans la stigmatisation constante d’ennemis intérieurs et par la propagande.

Il prospère aussi sur les ruines laissées par des décennies de politiques antisociales. Précarisation du travail. Démantèlement des services publics. Abandon des territoires. Lorsque la démocratie ne répond plus aux besoins fondamentaux, l’autoritarisme se présente comme une solution efficace. Moins de débats, plus d’autorité ; moins de droits, plus de sécurité ; moins de contestation, plus de discipline. Dans cette configuration, la gauche n’est pas seulement un adversaire électoral. Elle devient une menace existentielle. Non parce qu’elle serait violente, mais parce qu’elle propose d’autres règles du jeu. Parce qu’elle remet en cause la toute-puissance du marché. Parce qu’elle parle de redistribution, de planification écologique, de solidarité. Autant d’idées perçues comme des attaques contre un ordre considéré comme naturel et indiscutable.

La formation d’un arc néofasciste ne signifie pas que le processus est irréversible. Elle signifie que des lignes se durcissent. Que des alliances implicites se nouent. Que l’espace démocratique se rétrécit. Face à cela, la réponse ne peut pas être la résignation ni la simple dénonciation morale. Elle suppose de reconstruire des solidarités concrètes, de défendre les libertés publiques, de lier la question sociale à la question démocratique. Il s’agit de savoir si la démocratie peut survivre lorsque toute contestation est assimilée à une menace. Si le pluralisme peut exister quand l’ennemi est partout désigné à l’intérieur. Si l’on accepte que l’ordre prime toujours sur la justice. L’histoire n’est jamais écrite d’avance. Mais elle nous apprend une chose : lorsque les pouvoirs économiques et politiques s’unissent pour neutraliser les forces d’émancipation, c’est toujours au nom de l'ordre et la stabilité. Et c’est toujours au détriment de celles et ceux qui luttent pour plus d’égalité... 

-Sources en partie : (Article de Seday pour Black Lines media)
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